Récits
Ici sont rassemblés des récits de femmes qui ont accouché par césarienne dans différentes circonstances. Ces textes n’ont qu’une valeur de témoignage. Ils permettent néanmoins de rappeler que le moment de la délivrance, de la rencontre et de la re-connaissance n’est pas toujours celui qu’on croit…
Césarienne d’urgence – récit de Carole, 2 enfants.
A la troisième échographie, le médecin a constaté que mon bébé était très petit. On a pris rendez-vous pour une échographie la semaine suivante. Entre les deux, le bébé n'a pas grossi. Ensuite tout s'est enchaîné très vite. L'échographiste a appelé ma gynécologue qui m'a fait admettre d'urgence à la maternité pour un contrôle. On m'a installée dans une salle d'examen pour un monitoring. Mais très vite, on m'a dit que j'allais rester. On m'a transférée le lendemain dans une maternité de type II. Les médecins m'ont indiqué qu'on allait essayer de prolonger la grossesse de deux à trois semaines. Mais dès le troisième jour, après une matinée de monitoring et d'échographies, ils ont décidé de déclencher l'accouchement, puis de faire une césarienne. Margot est née à 7 mois ½ (35 semaines). Elle pesait juste 1kg700 mais tout allait bien.
J'ai vécu la césarienne comme un soulagement, l'équipe était détendue et rassurante, on m'a bien fait comprendre que cette situation était la meilleure pour mon bébé. La rapidité de ce type d'intervention a l'avantage de laisser peu de temps à l'angoisse. Je n'ai pas eu le temps de me poser trop de questions. En ¾ d'heure, la tension qui avait monté lors de ces dernières 72 heures, a disparu. Mon bébé allait bien.
J'avais vécu un premier accouchement par voie basse. Je n'ai pas eu l'impression cette fois-là d'avoir été privée de la naissance. La douleur post accouchement a plutôt été plus difficile la première fois. En tant que femme césarisée, j'ai eu le droit de prendre de la morphine, alors que la douleur de l'épisiotomie avait été moins soulagée. J'ai également eu le sentiment qu'on s'occupait plus de moi, je me suis sentie plus aidée, j'ai pu me reposer (!) davantage et prendre des forces pour la suite...
J'ai eu un bébé du jour au lendemain alors que je ne m'y attendais pas. J'avais un peu de mal à atterrir, réaliser ce qui m'arrivait. La mise au sein a été le vrai moment de la rencontre. J'avais une idée reçue que les femmes césarisées ne pouvaient pas allaiter. J'ai donc été très rassurée quand on m'a proposé d'allaiter mon bébé. Margot a tété tout de suite goulûment. J'ai ressenti des frissons, de soulagement, de bonheur.
Récit d'Isabelle - 2 enfants
Il y a un peu plus de 12 ans je subissais ma 1ère césarienne. J'ai eu une première grossesse géniale, je n'étais pas malade, vraiment le top, j'ai profité un maximum de ces moments. Or j'ai eu une fuite de la poche des eaux très infime. Le samedi, pas de contractions et mon ventre lorsque je le caressais ne bougeait plus, ma fille dedans ne me répondait pas. Là, panique, nous étions alors dimanche matin. Valise sous le bras, je suis partie à la maternité, la peur au ventre... Mon gynécologue de l'époque et la sage-femme m'ont fait un bilan (monitoring palpé...), et m'ont dit "pas de quoi s'inquiéter", soit disant!!!
J'avais 3 semaines d'avance et jusque-là l'équipe médicale prévoyait un petit bébé. Le lundi matin, catastrophe, ma pauvre ptite puce n'ayant plus de liquide pour survivre en moi, elle a commencé à bradicarder puis elle était en souffrance.
Là on me dit, cool cool, on vous transfère au CHU le plus proche au cas où il y ait des complications post-natale. Ce qui est évidement arrivé, puisqu'elle et moi étions infectées par des microbes dus à ma perte des eaux non suivie. Du coup césarienne plus que rapide, très mal refermée, de grosses adhérences se sont formées et des douleurs horribles pendant plusieurs années, lorsque je toussais où éternuais, j'avais l'impression que mon ventre allait de nouveau s'ouvrir. Ma petite Camille est née avec 3 semaines d'avance, elle pesait 2.700KG pour 49CM. Pas si petite crevette que cela!!! Alors vous pensez bien que pour la seconde grossesse lorsque l'on m'a dit que j'allais de nouveau subir une césarienne, je n'ai pas sauté de joie, mais cette fois-ci l'équipe qui me suivait n'était pas la même. On m'a rassurée et expliqué que je n'avais pas d'autre choix, puisque je rompais seule la poche des eaux mais qu'après aucun travail ne se faisait. J'ai perdu les eaux le mercredi, je suis partie à la maternité dans la foulée car là, la perte des eaux était franche. Et une fois arrivée, on m'a tout de suite perfusée avec des anti-biotiques, pour palier les risques d'infections et jusqu'au vendredi matin attente de contraction, mais rien, donc re-césarienne, mais cette fois superbement réussie: plus de douleurs, pas d'adhérences, le top. Ma petite Emma est née comme une fleur, 3.400KG et mesurait 49CM, comme sa grande soeur. Voilà, pour résumer, le césarienne si elle est bien faite ne doit pas faire peur , il suffit j uste d'avoir confiance en l'équipe qui vous suit .
Bon courage à toutes!